Le Mystère Juliette Belarti

Dans l'univers de la céramique, une figure énigmatique émerge, séduisant les amateurs par sa créativité et son talent, emblématiques de la création des années 60 et 70. Juliette Belarti dévoile un style inimitable à travers des œuvres uniques, principalement des tables basses.

11/27/20234 min read

Dans l'univers de la céramique, une figure énigmatique émerge, séduisant les amateurs par sa créativité et son talent, emblématiques de la création des années 60 et 70. Juliette Belarti dévoile un style inimitable à travers des œuvres uniques, principalement des tables basses.

Juliette Belarti, bien que réelle dans ses créations, demeure un mystère. Et ce mystère ajoute une dimension intrigante à une production très reconnaissable. En effet, Juliette Belarti n’a aucune existence à l’état civil. Pourtant, ses tables basses, loin d'être de simples meubles, sont l’expression d’une époque, les années 60 / 70 et de son esthétique unique. Et elles sont rapidement devenues iconiques de la production de cette époque.

À travers ses tables basses, mais aussi ses tables gigognes et ses bars, elle fusionne art et fonctionnalité, créant des pièces qui transcendent les simples meubles pour devenir des œuvres d'art à part entière. Les lignes organiques, les couleurs vibrantes et les formes abstraites caractérisent une approche très personnelle. Des collectionneurs ont acquis ses tables et les expositions qui ont présenté ses tables basses, en particulier, ont suscité l'admiration et la discussion au sein de la communauté artistique.

Il semble que la première des tables basses à plateau de céramique décorée à main levée signée Belarti ait été créée en 1957. L’atelier se situait alors dans un garage, équipé d’un seul four de petite taille. Deux ans plus tard, devant le succès rencontré, cet atelier déménage à Malines, ville située entre Bruxelles et Anvers dans le nord de la Belgique. L’équipe s’étoffe et la clientèle s’internationalise.

La signature de Juliette Belarti

Alors que le style des tables basses signées Belarti comportent des invariants très reconnaissables, on observe des variantes de cette signature : majuscules, minuscules, Belarti, Bel Arti , J. Belarti…

Certains spéculent au regard des similarités de style, sur une production sous pseudonyme de Julien Covemaeker, céramiste belge (1927-2008). D’autres se demandent s’il s'agit d'une identité soigneusement choisie pour donner vie à un collectif d’artistes céramistes.

Les tables basses de Juliette Belarti se distinguent par leur originalité et leur élégance. Chacune de ces pièces fonctionnelles raconte une histoire visuelle, capture l'essence de l'abstrait et invite l'observateur. La table devient un point focal, attirant le regard et stimulant l'imagination. Que Juliette Belarti soit une personne ou une entité artistique, l'impact de ses créations perdure et invite les générations suivantes à en garder la trace.

Mise à jour : un mystère enfin résolu ?

Voici la copie d'un texte d'un courrier de Gisèle Deneumoustier envoyé aux équipes de l'émission Affaire Conclue en avril 2023 à la suite du passage d'une table basse dans l'émission :

" Voici donc l’histoire de J. Belarti, un parcours long et compliqué. Je rencontre Jean Bock en 1957. Je l’épouse au grand dam de mes parents.J’avais 19 ans. Jean en avait 38, il avait 2 enfants d’un premier mariage. Il est en faillite, perdu. Il me propose de créer des modèles en vue de fabriquer des tables, panneaux décoratifs car moi je sortais de mes études à l’école de décoration. Ce qui se réalise lentement mais avec succès. Moi je dessine, lui signe, il décide de signer « J. Belarti ».

A cette époque, tout est simple et va de soi. Il installe un atelier dans la garage. 4 petites mains exécutent les modèles d’abord forts simples. Au fur et à mesure le succès arrive. Les objets (tables, porte journaux, panneaux, bars) sont livrés en Allemagne, Hollande principalement la France et Belgique Suisse. Ceci pendant +/- 12 ans. En 1970, nous divorçons, je me remarie avec Philippe Gillain architecte. Je continue à présenter des modèles qu’il intègre dans un atelier Montpelier. Moi je me consacre à la céramique sculpture et puis à la gravure que je poursuis encore.

Les premières tables sont fabriquées avec des carreaux industriels achetés en gros à Hemixem (Anvers). Ils sont émaillés avec des émaux venants d’Italie et Angleterre, les tons sont vifs. Les grands soleils ont le plus de succès, pourtant d’autres jolis sujets sont appréciés. On les voit de temps en temps mais nettement moins que les cercles. Il me reste quelques exemplaires, mais à l’époque l’appareil photographique n’est pas courant et l’on ne pense pas à se faire valoir !

Mais lorsque je vois (notamment chez vous), je suis ébahie car moi je n’ai jamais considéré mes « œuvres » comme ayant de la valeur. C’était si logique la vie. Quant aux personnes qui en revendiquent l’origine, ce n’est pas juste. Aussi ce sont mes enfants à mon grand étonnement qui ont décidé de modifier le destin, c’est mignon (j’ai 5 enfants). Je ne connaissais aucune d’elles, à moins qu’il s’agisse des enfants de Jean ? Je puis aussi vous certifier que cette céramique n’est jamais passée par Valauris !! S’il le fallait vous pourriez vous servir du « Registre du commerce » de Bruxelles ainsi qu’à l’inscription auprès de … Jean Bock est mort du côté de Cournonsec et Cournonterral près de Montpelier. Il me reste à vous dire que mon écriture est difficile et altérée par mes yeux mal voyants. Désolée.

Et le principal, j’admire votre travail qui n’est pas si simple. Vos visages nous font du bien et vos paroles sont attendues chaque jour. Sérieusement continuez à nous rafraichir la mémoire.

Bisoux à tous,

Gisèle Deneumoustier "