Ramzi Ghotbaldin. Les enfants. Huile et pastel. 117 × 89 cm.
Une bande d’enfants, des visages qui se dérobent, pas un seul regard pour l'observateur..
€780.00
Pourquoi nous l’avons choisie
Ils sont plusieurs. Deux sont serrés l'un contre l'autre au premier plan, et pourtant chacun semble habiter son propre monde. L’un dans des tons rouge sombre, l’autre vêtu de couleurs plus terreuses. Derrière eux, d’autres silhouettes apparaissent, à peine esquissées, à la frontière entre présence et disparition.
Ramzi Ghotbaldin n'individualise pas chaque visage. Les traits sont indistincts, les contours se fondent dans le fond ocre et beige, et la peinture semble parfois avoir été frottée, reprise, presque effacée.
La matière joue un rôle essentiel. Les couleurs chaudes rapprochent les figures, tandis que les zones plus sombres donnent au groupe une certaine densité. Le résultat n’a rien d’une scène enfantine au sens décoratif du terme. Il y a quelque chose de grave et de silencieux dans cette réunion de silhouettes, sans qu’il soit nécessaire de lui inventer une histoire.
Cette ambiguïté nous intéresse : une scène immédiatement lisible, mais qui garde ses distances. Si on reconnaît un groupe d’enfants, on ne sait pas ce qu’ils pensent, ce qu’ils attendent ni ce qui les réunit. Et le tableau n’a pas l’air de considérer que nous ayons besoin de le savoir. L’huile et le pastel permettent ici de faire coexister des zones épaisses et des passages plus diffus, des formes affirmées et d’autres qui semblent s’effacer. Cette manière de laisser l’image en partie ouverte donne au tableau sa force : il montre suffisamment pour nous retenir, mais pas assez pour épuiser notre regard.
Mais qui donc est Ramzi Ghotbaldin ?
Dans cette œuvre, le peintre privilégie la figure humaine, mais s’éloigne du portrait traditionnel. Les visages ne sont pas des identités à reconnaître ; ils deviennent des éléments d’une composition où les corps, les couleurs et les rapports entre les silhouettes comptent davantage que les détails.
Né en 1955 à Khanaqin, au Kurdistan irakien, Ramzi Ghotbaldin grandit dans un environnement où l’image occupe déjà une place importante : son père et son grand-père sont photographes. En 1975, il obtient un diplôme en graphisme à l’Institut des beaux-arts de Bagdad et commence à exposer dès l’année suivante.
Son parcours est profondément marqué par l’histoire du Kurdistan. Après s’être engagé dans la résistance kurde, il quitte la région à la fin des années 1980 et rejoint la France en 1990. Installé à Paris, il poursuit son travail de peintre et expose régulièrement en France comme à l’étranger.
Son œuvre traverse plusieurs territoires : les paysages, les figures humaines, les scènes de vie et les souvenirs. La couleur et la matière y tiennent une place essentielle. Les formes ne sont pas toujours décrites avec précision ; elles apparaissent, se fondent parfois dans leur environnement et semblent conserver une part de mémoire plutôt que chercher à restituer fidèlement une apparence.
Au fil des années, son travail a été présenté dans de nombreuses galeries et institutions, notamment au Centre d’art contemporain de Saint-Cyprien en 1999, à Vienne en 2002, à la Foundry Gallery de Washington en 2014 et à la Maison des Arts de Conches-en-Ouche en 2016. Plus récemment, ses expositions parisiennes chez Claudine Legrand, ainsi que ses présentations en Belgique et au Royaume-Uni, témoignent de la continuité de son parcours.
Ses œuvres figurent également dans plusieurs collections publiques ou institutionnelles signalées, parmi lesquelles les musées d’Erbil et de Souleimaniye, au Kurdistan, ainsi que dans les collections de la Fondation Plage pour l’Art. En 2022, il reçoit le prix Renée-Bernard de la Fondation Taylor, qui distingue notamment la qualité de la composition et l’harmonie des couleurs. Vous les trouverez dans différentes galeries telles V&A Galerie, Ma Galerie Privée, la Galerie Claudine Legrand.
Et chez vous ?
Avec ses 117 × 89 cm, le tableau ne passera pas inaperçu. Mais ses tons de terre, ses beiges et ses bruns lui permettent de s’intégrer dans un intérieur relativement sobre, sans imposer une palette trop vive. Mais ce n’est pas le tableau que l’on choisit pour l'assortir les coussins. C’est plutôt celui autour duquel le reste du décor peut s’organiser.
Nous l’imaginons sur un mur dégagé, où l’on pourra prendre le temps de distinguer les silhouettes et de suivre les variations de matière. Dans un environnement contemporain, il apportera une présence humaine et une certaine profondeur ; associé à du bois ou à des matières naturelles, il trouvera un dialogue assez évident.
Quelques informations complémentaires pour les tempéraments les plus prudents et cartésiens
Cette œuvre de Ramzi Ghotbaldin associe huile et pastel. Elle mesure 117 × 89 cm.
La matière picturale, les variations de texture et les contours volontairement peu définis font partie intégrante de son aspect.
Elle sera soigneusement emballée pour son expédition (par transporteur, nous demander un devis). Vous disposez de quinze jours après réception pour changer d’avis et nous la retourner en vue de son remboursement.
Ils sont plusieurs sur cette toile. Et pourtant, chacun semble garder pour lui le fin mot de l’histoire.
Artiste : Ramzi Ghotbaldin
Titre : Les enfants
Technique : huile et pastel
Dimensions : 117 × 89 cm
