Jean Moulin et l’art : le résistant qui collectionnait les tableaux et ouvrit une galerie sous l’Occupation

Jean Moulin, grand unificateur de la Résistance française, avant d’être une figure du Panthéon, fut dessinateur, caricaturiste, collectionneur et amateur passionné d’art moderne. En 1943, à Nice, il ouvre même la galerie Romanin, à la fois activité artistique, réseau de rencontres et couverture. Comme quoi, parfois, le marché de l’art sait se rendre utile.

10/23/202613 min read

Sylvain Vigny. Huile sur toile. 54 x 65 cm. Portrait de trois amis à l'expressionnisme sombre.
Sylvain Vigny. Huile sur toile. 54 x 65 cm. Portrait de trois amis à l'expressionnisme sombre.

Jean Moulin, artiste avant d’être une figure de la Résistance

On connaît le fameux portrait. Le regard grave, le chapeau, l’écharpe, le visage devenu l’un des symboles les plus immédiatement reconnaissables de la Résistance française. On connaît moins le jeune homme qui dessinait ses professeurs, croquait ses contemporains et s’intéressait aux arts bien avant que d’entrer dans l’Histoire.

Jean Moulin naît le 20 juin 1899 à Béziers. Il doit se retourner dans sa tombe à chaque élection municipale.

Son père, Antoine Moulin, enseigne l’histoire et la géographie. Il écrit et s’investit dans la vie républicaine. La famille accorde une place importante à la culture : on lit, on visite des musées, on va au théâtre et au concert. Le dessin n’est donc pas, chez Jean, une lubie tardive destinée à meubler de longues soirées d’un fonctionnaire. Son talent apparaît tôt : les collections du musée des Beaux-Arts de Béziers conservent ainsi un dessin représentant la promenade des Anglais à Nice, réalisé alors qu’il était enfant. À l’adolescence, il caricature ses professeurs avec un sens de l’observation déjà affirmé. Il ne se contente pas de reproduire un visage : il cherche le détail qui révèle une attitude, une personnalité, parfois une vanité.

La caricature est alors un genre central pour la presse illustrée. Jean Moulin publie des dessins dans des journaux tels que La Baïonnette et La Guerre sociale. Il observe les événements politiques, les comportements et les ridicules de son époque. Il apprend à condenser une idée en quelques traits : une compétence utile au dessinateur, mais aussi à quiconque doit comprendre rapidement les hommes auxquels il a affaire.

Le jeune Moulin ne devient pas pour autant un peintre professionnel. Son activité artistique se développe à côté de ses études et de sa carrière administrative. Il entre dans la fonction publique, gravit les échelons et devient préfet. Le dessin ne disparaît pas pour autant. Il reste un espace personnel, une manière de regarder le monde autrement que par les rapports, les dossiers et les tampons. Car le dessin a une vertu tenace : il oblige à regarder. Et regarder vraiment, c’est souvent remarquer ce que les autres préfèrent laisser dans le décor.

Romanin, pseudo artistique de Jean Moulin

Jean Moulin ne dessine pas toujours sous son nom. Il utilise notamment le pseudonyme de Romanin, associé à ses activités artistiques et à ses caricatures. Ce nom prendra une autre dimension pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il baptisera la galerie d’art moderne qu’il ouvre à Nice.

Le pseudonyme a quelque chose d’élégant. Il permet de séparer, au moins en apparence, les différentes facettes d’un même homme. Mais il serait trompeur de réduire Romanin à un simple masque de circonstance : la pratique artistique de Jean Moulin est ancienne, et son intérêt pour la peinture est bien réel. Son goût se forme au contact des œuvres, des galeries et des marchands. Il collectionne des artistes modernes, fréquente des milieux culturels et noue des relations avec des professionnels du marché de l’art. Il s’intéresse notamment à Raoul Dufy, Moïse Kisling, Maurice Utrillo, Suzanne Valadon et Giorgio de Chirico. Il apprécie également Pierre Bonnard, dont il envisage, avec Colette Pons, de rédiger une biographie.

La liste est révélatrice : elle ne correspond pas aux goûts d’un amateur qui aurait décidé d’acheter quelques tableaux pour décorer ses murs mais témoigne plutôt d’un intérêt réel pour les voies multiples de la modernité : couleurs et rythmes de Dufy, figures de Kisling, paysages urbains d’Utrillo, singularité de Valadon, étrangeté métaphysique de De Chirico.

Jean Moulin ne dispose évidemment pas des moyens d’acquérir tout ce qui l’intéresse. Il aime Renoir, même avec un œil exercé, il faut parfois composer avec son compte en banque. La collection de Jean Moulin, transmise au musée des Beaux-Arts de Béziers par sa sœur Laure Moulin, comprend des œuvres d’artistes modernes. Le musée reçoit également, en 1975, un ensemble considérable de ses dessins personnels : environ 540 feuilles. La double présence de ses propres créations et des œuvres qu’il choisit de collectionner permet de comprendre que son rapport à l’art ne se limitait ni à un passe-temps ni à une stratégie de circonstance.

Pourquoi Jean Moulin ouvre-t-il une galerie d’art à Nice en 1943 ?

En 1940, après la défaite française, Jean Moulin est préfet d’Eure-et-Loir. À Chartres, il refuse de cautionner un faux document allemand accusant des tirailleurs sénégalais d’exactions. Arrêté et soumis à la pression des autorités allemandes, il tente de se suicider. Il est révoqué par le régime de Vichy le 2 novembre 1940. Il rejoint ensuite les milieux de la France libre et rencontre le général de Gaulle à Londres en octobre 1941. Sa mission devient essentielle : établir des liens entre les différents mouvements de résistance intérieure, les coordonner et contribuer à les unifier.

Le travail est clandestin, dangereux et exige des déplacements répétés. Dans la France occupée, une personne qui circule beaucoup, rencontre des interlocuteurs variés et s’intéresse à des affaires dont elle ne peut pas expliquer la nature attire nécessairement l’attention. Il lui faut donc une activité officielle crédible.

Le commerce de tableaux présente plusieurs avantages. Il suppose de rencontrer des artistes, des collectionneurs et des marchands, de se rendre dans différentes villes, de négocier des achats et de transporter des œuvres. Pour Jean Moulin, dont les compétences et les relations artistiques sont authentiques, cette couverture ne sort pas de nulle part. Il ne s’agit donc pas d’un homme qui se déguise en galeriste avec une moustache postiche et un catalogue acheté la veille. Il possède une connaissance réelle du milieu et son activité clandestine peut s’appuyer sur une activité professionnelle qui aurait pu exister sans elle.

À l’automne 1942, il prépare l’ouverture d’une galerie d’exposition et de vente de peintures, dessins et sculptures modernes au 22, rue de France, à Nice. La demande officielle est adressée au préfet des Alpes-Maritimes le 16 octobre. Le lieu prend le nom de Galerie Romanin.

Voilà une situation qui ferait tiquer un scénariste si elle n’était pas historique : un ancien préfet révoqué par Vichy, devenu l’un des principaux organisateurs de la Résistance, sollicite l’administration pour ouvrir une galerie d’art moderne, sous son vrai nom, dans une ville où il doit précisément préserver sa couverture.

La galerie est inaugurée le 9 février 1943. Elle n’est pas une boutique fictive montée pour la forme. Elle présente des œuvres, reçoit des visiteurs, noue des contacts et mène de véritables transactions. Son efficacité clandestine repose justement sur cette apparence de normalité.

Que voyait-on à la galerie Romanin ?

La première exposition, intitulée « Maîtres modernes », réunit des œuvres de Pierre Bonnard, Giorgio de Chirico, Edgar Degas, Raoul Dufy, Othon Friesz, Moïse Kisling, Pierre Laprade, Henri Matisse, Georges Rouault, Gino Severini, Maurice Utrillo et Suzanne Valadon.

La liste suffit à dissiper une idée reçue : Romanin n’est pas un petit commerce provincial où l’on accroche trois paysages pour donner l’impression de faire de la culture. Le programme est ambitieux. Il fait coexister des sensibilités très différentes, des artistes déjà reconnus et des approches singulières de la peinture moderne. Degas et Bonnard ne racontent pas le monde de la même façon. De Chirico installe une étrangeté presque inquiétante dans des architectures silencieuses. Dufy fait vibrer les surfaces par la couleur et le mouvement. Rouault travaille la figure avec une intensité sombre. Valadon impose un regard direct, sans chercher à rendre ses modèles plus aimables qu’ils ne le sont.

Ce choix dit quelque chose de Jean Moulin : il ne semble pas chercher une unité stylistique rassurante, mais un ensemble d’œuvres qui méritent d’être regardées. Le modernisme de Romanin ne tient pas à une doctrine unique. Plutôt à l’ouverture de son regard.

Une partie des tableaux vient de sa collection personnelle. D’autres sont obtenus auprès du marchand parisien Paul Pétridès ou grâce à des artistes et marchands présents dans le sud de la France. La galerie dépend ainsi d’un réseau de relations qui dépasse largement ses murs.

Les œuvres ont aussi une réelle valeur économique. Il faut les acquérir, les présenter, en fixer les prix et les vendre. Jean Moulin conseille Colette Pons sur ces questions, même s’il ne peut pas être présent en permanence. Le marché de l’art exige, en temps normal, une combinaison de connaissance, de négociation et d’intuition. En période de guerre, il ajoute une contrainte : ne pas laisser les affaires révéler ce qu’elles doivent dissimuler.

La galerie constitue donc un véritable espace de circulation des œuvres. Elle offre à des artistes et à des marchands un lieu de rencontre et donne à des amateurs niçois accès à la peinture moderne. Dans une ville où l’art contemporain au sens de l’époque n’est pas encore structuré comme il le sera après-guerre, l’initiative compte.

Colette Pons et les femmes qui font vivre la galerie Romanin

Il serait tentant de raconter l’histoire de Romanin comme celle d’un homme seul, génialement maître du jeu. Mais ce serait incomplet.

La galerie est dirigée au quotidien par Colette Pons, que Jean Moulin a rencontrée en 1942. Elle joue un rôle central dans son fonctionnement : elle accueille, organise, noue des contacts et contribue à faire vivre le lieu. Antoinette Sasse, artiste et amie de Jean Moulin, participe également à son environnement artistique et à la constitution de la galerie.

Le rôle de Colette Pons dépasse celui d’une responsable chargée de garder les clés pendant que le propriétaire mène ses affaires. Elle prend part aux déplacements, aux rencontres avec les artistes et aux démarches nécessaires pour faire exister les expositions. Elle apporte aussi, par ses témoignages, une matière précieuse à la connaissance de cette période.

Elle évoque notamment les visites d’ateliers et les rencontres avec les artistes du sud de la France. À Graveson, à la fin de 1942, Jean Moulin et elle se rendent chez Auguste Chabaud pour acheter quatre tableaux. Le peintre les a accrochés en hauteur dans une grange et les descend à l’aide d’un long bâton et Jean Moulin s’inquiète de voir les toiles tomber et s’abîmer. La scène a quelque chose de délicieusement concret. On imagine volontiers le grand résistant préoccupé par les mouvements de la Résistance, les liaisons clandestines et les risques d’arrestation, soudain anxieux devant un tableau qui menace de se déchirer. La guerre n’abolit pas les préoccupations de l’amateur d’art, elle les rend juste plus improbables. Derrière le grand résistant, on devine un homme vivant, doté d’humour, attaché aux œuvres et capable de rire au milieu d’une période où les raisons de ne pas rire ne manquent pourtant pas.

Colette Pons le décrira d’ailleurs comme un homme spirituel, gai et volontiers moqueur. Ce portrait rejoint celui du dessinateur : quelqu’un qui observe, comprend les travers humains et sait que l’ironie peut être une forme d’intelligence plutôt qu’une simple décoration de conversation.

Jean Moulin, véritable marchand de tableaux : les œuvres, les prix et les ventes

L’une des particularités de Romanin est que son activité commerciale est bien réelle. Il ne suffit pas de mettre des œuvres aux murs pour être galeriste, il faut surtout les sélectionner, les présenter, convaincre des acheteurs et conclure des ventes. Jean Moulin s’implique dans ces décisions malgré les contraintes de la clandestinité.

La correspondance et les documents conservés montrent qu’il suit le niveau des prix, la présentation des œuvres et les opérations de la galerie. L’art n’est pas seulement pour lui un alibi élégant. C’est une activité qu’il connaît et à laquelle il tient. Et un gagne-pain.

Une vente est particulièrement significative : celle d’œuvres de Jongkind au musée des Beaux-Arts de Grenoble. Dans une lettre datée du 15 juin 1943, adressée à sa mère et à sa sœur, Jean Moulin mentionne la vente de deux tableaux de cet artiste. L’épisode témoigne de la réalité commerciale de Romanin et du sérieux avec lequel son activité est menée.

Il révèle aussi une continuité entre le collectionneur et le marchand. Jean Moulin a déjà acheté des œuvres pour lui-même. Il sait ce qui l’intéresse et connaît certains acteurs du marché. À Nice, il met cette expérience au service d’une galerie dont la crédibilité dépend de la qualité des œuvres autant que de la régularité des opérations.

Il ne faut toutefois pas transformer cette histoire en légende d’un marchand infaillible qui aurait découvert tous les grands artistes avant tout le monde. Romanin présente des œuvres d’artistes dont plusieurs sont déjà reconnus. Son intérêt réside dans la qualité de la sélection, la diversité des sensibilités représentées et les circonstances exceptionnelles de son existence.

Le commerce de l’art n’est ni pur ni simple : il implique des goûts, des réputations, des prix, des occasions et des réseaux. En temps de guerre, il ajoute des contraintes politiques et humaines considérables. Romanin montre comment une activité économique ordinaire peut devenir, entre les mains d’un homme engagé dans la Résistance, un outil de circulation et de dissimulation.

La galerie Romanin : une parenthèse artistique au cœur de la clandestinité

Il serait tout aussi réducteur de ne voir dans Romanin qu’une opération de couverture. La galerie remplit bien cette fonction, mais elle offre également à Jean Moulin un lien avec un univers qui lui est cher. Il peut y retrouver des œuvres, parler peinture, discuter avec des artistes et participer à une activité intellectuelle qui ne se réduit pas à la lutte clandestine.

Dans les témoignages et les documents, l’art apparaît comme une passion ancienne qui continue d’exister alors même que la vie de Jean Moulin est devenue extraordinairement dangereuse. Cette dimension ne diminue en rien son engagement. Elle rappelle plutôt que la Résistance n’était pas composée d’hommes devenus soudainement monolithiques, dépouillés de leurs goûts, de leurs habitudes et de leurs curiosités.

Jean Moulin continue d’aimer les tableaux au moment même où il s’emploie à organiser les mouvements résistants. Il ne cesse pas d’être un amateur d’art parce qu’il est devenu un résistant, il utilise au contraire une compétence et un réseau qui lui appartiennent déjà.

Le 27 mai 1943, il parvient à réunir à Paris le Conseil national de la Résistance. Cette étape majeure de l’unification des mouvements résistants se déroule quelques mois seulement après l’ouverture de Romanin. Le contraste est saisissant : d’un côté, des tableaux exposés, des prix discutés, des clients reçus et de l’autre, une entreprise politique clandestine qui cherche à coordonner des organisations aux intérêts et aux histoires différents.

Le 21 juin 1943, Jean Moulin est arrêté à Caluire, près de Lyon, avec plusieurs résistants. Il est torturé par la Gestapo et meurt pendant son transfert vers l’Allemagne, probablement le 8 juillet 1943. Il ne connaîtra pas la Libération. La galerie, elle, n’aura existé que quelques mois.

Romanin est donc un lieu bref, mais pas anecdotique. Il permet de saisir une articulation rare entre l’histoire de l’art et celle de la Résistance : les mêmes compétences de sociabilité, d’observation et de connaissance des réseaux peuvent servir à construire une exposition ou à faire circuler des informations dans la clandestinité. Même si les enjeux, évidemment, ne sont pas comparables.

Pourquoi la galerie Romanin compte encore dans l’histoire de l’art

La galerie Romanin raconte une scène artistique locale, des échanges entre Paris et la Côte d’Azur, des artistes réfugiés dans le sud et des amateurs qui continuent de regarder des œuvres dans une période où le quotidien est dominé par la guerre.

Elle témoigne aussi de l’existence d’un réseau culturel qui ne se laisse pas entièrement écraser par les circonstances. Les œuvres circulent, les artistes travaillent, les marchands tentent de poursuivre leur activité et les expositions se tiennent. Rien de cela ne signifie que l’art serait au-dessus de l’Histoire. La galerie fonctionne précisément parce qu’elle s’inscrit dans les réalités de son temps, y compris les plus sombres. Pour les amateurs d’art, Romanin permet enfin de regarder autrement le collectionneur Jean Moulin. Ses choix ne sont pas ceux d’un homme qui accumule mécaniquement des noms prestigieux. Ils reflètent une curiosité pour la peinture moderne, une attention aux artistes et une vocation à faire exister les œuvres auprès d’un public.

On pourrait, bien sûr, s’amuser à imaginer ce qu’il aurait pensé des galeries contemporaines, de leurs vernissages, de leurs cartels et des conversations où tout le monde semble avoir lu le même essai de philosophie. Mais ce serait prêter à Jean Moulin des opinions qu’il ne nous a pas laissées. Contentons-nous de constater qu’il savait regarder, choisir et défendre des œuvres, ce qui constitue déjà une forme de discernement assez rare.

L’histoire de Romanin rappelle une chose essentielle : l’art n’est pas une accumulation d’objets accrochés à des murs. C’est une histoire de regards, de rencontres, de circulation et de choix et, parfois, dans des circonstances extraordinaires, ces choix prennent un sens qui dépasse largement le cadre du tableau.

Sylvain Vigny, Jean Moulin et la galerie Romanin : une histoire de peinture et de rencontres

Parmi les artistes associés à l’environnement de la galerie Romanin figure Sylvain Vigny (1903-1970), peintre né à Vienne, en Autriche, installé en France à la fin des années 1920 puis à Nice. Son œuvre, souvent marquée par un expressionnisme sombre, donne une place centrale à la figure humaine. Les personnages semblent surgir d’un passé incertain où le tragique côtoie le burlesque, le familier se teinte d’étrangeté. Chez Vigny, les visages ne sont pas toujours là pour rassurer les visiteurs. Ils ont parfois l’air d’avoir traversé une histoire dont ils ne souhaitent pas vraiment parler.

Sa présence dans le cercle fréquentant Romanin est attestée par les souvenirs de Colette Pons. Il serait excessif d’en déduire une collaboration suivie ou une relation artistique privilégiée avec Jean Moulin : les sources établissent une fréquentation du milieu de la galerie, pas nécessairement une proximité personnelle plus précise. Cette nuance n’enlève rien à l’intérêt du rapprochement. Romanin réunissait des artistes aux sensibilités diverses et Vigny offre une autre manière d’aborder la modernité : plus inquiète, plus psychologique, parfois franchement dérangeante.

À la Galerie du Pollet, nous avons retenu plusieurs tableaux de Sylvain Vigny pour cette capacité à faire cohabiter l’étrange, le sombre et l’ironie. Nous vous invitons à découvrir Les trois amis, un portrait à l’expressionnisme sombre, ainsi que les fantômes de la famille selon Sylvain Vigny.